17 mai pm
Vallée de Dengshen
L’équipe entame pas à pas la montée vers Dengshen, 2700 m. ©M.Le Bret
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Pour parvenir à l’entrée de cette nouvelle vallée, la route a serpenté parmi les mélèzes, le long de la rivière de Wolong devenue torrentielle. Elle traverse des hameaux dont les maisons ont des toits calés par des lauzes de pierre. Ces quelques centaines de mètres de dénivelé font la différence pour la rigueur de l’hiver. Cernés par des torrents tributaires, s’élèvent des inselbergs en pain de sucre, drapés de l’écume laiteuse des Rhododendron rex ssp. fitolacteum. Par sa situation transversale, Dengshen est relativement protégée des flux d’air froid. Des bois de chênes et de sorbiers ombragent d’importantes stations de plantes délicates qui font les délices des « brouteurs » (de qui nous apprenons quantité de choses.) Orchidées terrestres, Calanthe tricarinata, primevères, violettes jaunes, géraniums vivaces, renoncules, Smilacina et autres Convallariacées. |
©M. Le Bret |
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La zone des pâturages est bientôt atteinte et la végétation se fait plus dispersée. Hippophae salicifolia croule sous ses petits fruits abricotés ; un bambou, aux chaumes orangés et aux curieuses jeunes pousses bleuâtres attire l’attention au milieu de plantes déjà rencontrées : daphnés - dont c’est le royaume -, Sorbaria, saules et peupliers, avec toujours les chênes persistants plus ou moins épineux à revers de feuille roux. Néanmoins, entraînés par leur instinct de chasseurs de plantes, les amateurs de rhododendrons grimpent encore plus haut. |
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©M. Le Bret |
©M. Le Bret |
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Arrivés là…. Laissons la parole à notre ami Gilles Rouau : « Avisant une échelle branlante, sommairement amarrée au flanc d’une gigantesque boule de granit de plus de 10 m de diamètre, nous escaladons ce belvédère improvisé pour effectuer un nouveau repérage visuel. Et, oh surprise ! Les rhododendrons sont là, tous serrés au sommet de ce crâne rocheux. De ce poste élevé, manifestement utilisé par les gardiens de troupeaux comme mirador, d’autres éminences rocheuses identiques et densément peuplées nous apparaissent.
A l’abri des yaks, ils poussent en paix, et densément… Sur quelques mètres carrés, n’ayant pour sol que des débris végétaux accumulés dans les anfractuosités du rocher, des dizaines de rhododendrons au tronc gros comme le bras ! Au moins quatre espèces différentes : deux nous sont déjà connues, R. concinnum et R. phaeochrysum. Les deux autres portent de très grandes feuilles luisantes et tomenteuses. Pour l’une, elles sont légèrement ondulées et beige au revers : il s’agit certainement de R. prattii, un Taliensiaaux plus grandes feuilles… » RouauG., Rhododendrons dans la brume, 2006, APBF.
( Le rare Rhododendron prattii honore le botaniste A. E. Pratt qui l’identifia dans la région.) |
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©F.Le Hir
Rhododendron prattii, boutons et fleurs, indumentum de couleur cannelle sous les feuilles ©P. Bellec
©M.Prunier Revenant plus bas, l’étage des conifères montre une probable replantation, mais les chênes, Quercus semecarpifolia, trop tortueux pour être utilisés en bois d’oeuvre, sont bien d’origine. Les plants qui n’avaient pas eu le temps d’atteindre une taille adulte avant le classement en Réserve naturelle, continuent d’être nanifiés par ovins et bovins, et les coupes de bois de chauffe, qui sont autorisées pour les petites branches. A moins d’être grillagé, il n’a aucune chance de parvenir à sa taille normale, pourtant élevée pour ce chêne, que le P. Huc prenait pour un « houx gigantesque ».
©F.Picard
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