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19 mai am Vallée de Dawe
Nettement plus méditerranéen ! Le ciel couvert du petit matin s’est dégagé. La mousson n’entre pas dans le corridor rocailleux que l’on remonte, en quittant à gauche, la vallée principale. Celle-ci est le grand axe de passage, incliné vers Danba, sur la rivière Dadu. Des maisons traditionnelles sont en construction sur le modèle des anciennes demeures au toit plat, végétalisé par les années. Des séchoirs à gerbes dressent leurs perches encore nues.
©MCDubois
Caillasse qui réverbère la chaleur, c’est un bon coin pour les plantes xérophytes. Milieu plus rude, qui change des vallons « précieux » au terreau frais et ombragé. Berbéris, Lonicera divers, mais aussi Caragana sp. et toutes sortes d’épineux entremêlées, bien armés pour résister à la dent des chèvres.
©F.Le Hir
En y regardant de près, de jolies plantes sont à l’aise sur les rochers, presque sans terre. Un ou deux points roses se détachent sur le gris éblouissant des pierres : Androsace integra, au bout de sa tige bien droite par exemple
©M.Le Bret Un torrent dévale au fond, comme toujours. Des saules à écorce noire servent de support à des tourbillons de petites clématites blanches, très florifères. Un Lonicera sp., le pied dans l’eau, porte des paires de calices jaune pâle bien allongés.
©P.Bellec
Berberis sp. au pied de la montagne ©F.Le Hir
Linum cf usitatissimum ©P.Guéguen
Gabriel Rouau s’apprête à franchir le torrent
Des rosiers à fleurs simples abondent, dont Rosa omeiensis pteracantha ; au soleil, les aiguillons translucides de ses nouveaux rameaux sont rouge vif. Un autre rosier, à petit feuillage ouvre des pétales chiffonnés rose vif, sur les amas de schistes bleutés.
©P.Guéguen Rosa sp.
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Rosa sp ©P.Guéguen |
Arisaema consanguineum |
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Des troncs traversent le torrent. Nous passons sous un haut surplomb de plissements tourmentés, refuge des hirondelles à queue courte. En tournant, le chemin mène par un pont en dur, à une seconde vallée isolée, mais beaucoup plus large et fertile.
©F.Le Hir
Christian Monnet ira plus haut ©I.Laan
Daphnés dans les rochers ©P.Bellec
Une communauté rurale est installée sur une large combe bien exposée, et arrosée par un ru bien tranquille. Autour, un cirque de montagnes pelées par le déboisement. Vers l’aval, la vue est étourdissante, sommets blancs sur le ciel bleu, on ne fait rien de mieux
Ce hameau respire une certaine prospérité. Grands potagers parfaitement entretenus, clos de branchages, poiriers en fleurs, tout est en ordre. Les maisons sont cubiques comme celles des villages du Haut Atlas, du maïs pousse sur de petits terrains soigneusement binés. Du maïs à 3050 m d’altitude. Des bandes de plastique agricole sont tendues sous les jeunes salades. Le savoir-faire chinois est monté jusqu’ici.
Une femme en pantalon noir et longs pans bleus, nous a vu arriver. Elle se dépêche d’aller cueillir une touffe de pivoines sur la pente et des Incarvillea delavayi rose et blanc, puis vient les offrir à Béatrice Stephan.
©Fle Hir
Femme de Dawe offrant des pivoines ©Fle Hir
Maïs dans la terre meuble entre les rochers ©T. de Kergorlay Un homme propose d’entrer dans son logis : il a des bulbes de Bei mu à vendre. Autrement dit, des fritillaires à usage médicinal. Une des trois plantes les plus demandées.
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Paysan récolteur (ou cultivateur) de Beimu ©M. LeBret
Fritillaria cirrhosa, appellée Chuanbeimu (chuan = de la province du Sichuan) a un corme blanc très petit, considéré comme supérieur, en termes de bienfaits médicaux, à celui de Fritillaria thunbergii qui a un corme plus gros (Zhebeimu; de la province du Zhejiang). A cause de la difficulté de la récolte en grande quantité et du prix élevé, la plupart des fritillaires sont cultivées. Des collectes limitées de Chuanbeimu sauvages ont toujours lieu au Tibet et au Yunnan. Le Beimu est un remède connu des voies respiratoires, toux, bronchites et même pneumonie. Une recette bien connue contre la toux est la suivante : « faire étuver à la vapeur une poire émincée, avec une bonne quantité de poudre de fritillaire et du miel. La préparation poire-fritillaire et son jus, doivent être consommé à raison de la valeur d’une poire par jour ».
Fritillaria cirrhosa ©M. Le Bret
Mystérieuses potées sur des claies ©M. Prunier
Réserve de branches pour le feu ©F.le Hir
Pas de déjeuner sur l’herbe. Une autre maison du hameau, très présentable, a été réservée pour tirer nos provisions du sac : saucisses plastifiées, pain, genre « mie », œuf dur et gâteaux crémeux au chocolat. Je préfèrerais un panier-repas chinois ; ce menu doit être pensé pour les occidentaux. La cour intérieure de la maison est exposée sud-est. Un escalier mène à une agréable terrasse au balcon en bois découpé et peint comme un chalet suisse. Ne sommes-nous pas dans les « Alpes orientales » ?
Jean Merret monte sur la terrasse ©F.Picard
Plusieurs générations vivent sous le même toit. Belle-mère, filles et belle-filles ont le même large visage avenant et hâlé. Elles refusent prudemment les gâteaux pour leurs enfants, sans ménager leurs sourires. Les réserves sont ouvertes pour notre admiration.
©M. Prunier Il y a là, pendues aux poutres, assez de cochonailles fumées pour soutenir un siège. On y goûterait volontiers… L’autre signe extérieur de richesse est un mur de bois à brûler qui fait un mur au nord et à l’est de la maison. Les branches calibrées disposée avec art.
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Thibault et M. Wang |
Béatrice Stéphan |
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Il fait beau, la vue est belle. Nous allons reprendre la route pour Danba |
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